Nous avons célébré cette année 2025 les 325 ans de la mort de Jean-Sébastien Bach. C’est aussi l’année de mes cinquante ans et j’ai senti que c’était le juste moment dans mon parcours musical pour enregistrer les Sonates et Partitas pour violon seul qui me portent et m’habitent musicalement depuis l’âge de 13 ans.

J’ai choisi l’église de Comps dans la Drôme, joyau d’architecture romane, construite sur une colline au milieu de la Nature. Ce lieu résonne pour moi de manière idéale pour interpréter ces œuvres.

La réverbération naturelle permet de faire ressortir tous les jeux polyphoniques demandés par l’écriture et de capter par les micros la richesse sonore et le timbre de mon violon de Louis Guersan datant de 1741 monté en boyaux filés. Le grain et les attaques de mon archet de facture fin de la période baroque début classique signé Craig Ryder participent également intimement au ciselage du discours et à la mise en valeur des jeux rythmiques très subtils de la partition.

Toutes les conditions ont été réunies pour capter l’expression violonistique de ces Sonates et Partitas que je suis profondément heureuse de partager avec vous.

La presse en parle :

  • Sélectionné le 30/11 /25 par Frédéric Casadesus pour le club de Mediapart

 

 

  • 25/11/25 Le Clic de Classiquenews – Alban DeagsJouant Bach depuis ses 13 ans, Saskia Lethiec parcourt un territoire familier et pourtant saisissant, le jalonnant de reliefs et d’accents surprenants, les (re)découvrant à chaque session, les régénérant toujours, suggérant l’infini d’une musique qui questionne son sens et sa forme. L’immensité des constructions échafaude un cheminement sonore qui s’affranchit de toute entrave;L’interprète virtuose et remarquablement inspirée, exprime la perfection du génie de Bach, son geste à la fois incarné et abstrait, trouvant d’autres points d’accomplissement dans la Fugue de la Sonate n°2 BWV 1003, ou la Chaconne de la Partita n°2 BWV 1004, – morceau le plus développé …De ce cheminement escarpé, vécu comme une spectaculaire ascension, l’interprète en explore toutes les combinaisons, dessinant marche après marche l’arche musicale promise, agissant comme une acrobate avec son violon (de Louis Guersan, daté 1741, monté en boyaux filés). La précision des attaques, le dessin et les volutes de chaque arabesque mélodique, le tracé chorégraphique des séquences rythmiques… sont animés d’une direction fluide, d’une détermination à la fois volontaire et sereine : tout le geste et l’intention fervente aspirent aux cimes éternelles, aux champs paradisiaques dont chaque partition est la promesse. Magistral.

 

Comme les variations Goldberg sont le Graal pour tout claveciniste, les 6 partitions abordées (3 Sonates et 3 Partitas, datant des périodes de Cothen et Weimar soit entre 1714 et 1720) sont l’Everest de tout violoniste… non seulement par leurs multiples défis techniques, mais aussi par la nécessité de défendre une cohérence sonore et stylistique, voire spirituel que l’on soit ou non croyant. La ferveur de JS Bach irradiant de toutes ses œuvres, en particulier des Cantates et des Passions, Sonates et Partitas puisent leur origine à la même source : intensité, sincérité, nuances.

Violoniste chevronnée, Saskia Lethiec comprend tout cela, en technicienne virtuose comme en interprète habitée. Son violon Louis Guersan de 1741, a l’acuité et la flexibilité, le grain serpentin et le mordant expressif pour réussir chaque séquence, offerte comme un acte autant musical que spirituel, chaque épisode proposé comme une ascension musicale.

Sur des doigts aussi agiles, et dans le mouvement de l’archet aérien se précise un parcours que l’on sent habité, mesuré, réfléchi ; où l’exercice de chaque nuance pèse autant que le sens de l’architecture globale. L’interprète souligne la stabilité de la conception structurelle, en particulier dans les Sonates (da chiesa), leur filiation avec l’astre coréllien.

A mesure que la musique se réalise, à travers les 6 stations ainsi jalonnées, le geste souverain, l’instinct musical, l’imagination qui dissout la structure, la souplesse qui sublime le discours, ne pouvaient rencontrer une interprète plus inspirée.

  • 03/02/26 Bertrand Ferrier Blog  • Festivité des attaques,
    • clarté de nuances incroyablement contrastées,
    • limpidité des phrasés,
    quelle fête ! Saskia Lethiec
    • tient la distance,
    • distribue l’énergie et
    • nous fait jubiler.
    Il y a
    • de l’intensité,
    • de la nécessité et
    • de l’art
    dans cette façon de
    • projeter le son,
    • jouir des multiplicités de registre, et de
    • faire rutiler les mille possibilités du violon.
    Une jubilation magistrale